Quelle hauteur de selle moto pour 1m70 ? Comprendre vraiment ce qui compte

Motard d’1m70 à l’arrêt, montrant différence entre selle fine et selle large

Quand on mesure autour d’1m70, on se demande vite si telle ou telle moto ne sera pas trop haute. On cherche des chiffres, on compare les fiches techniques, on lit les forums. Pourtant, au guidon, la réalité est plus subtile : une selle à 82 cm peut parfois sembler plus accessible qu’une à 78 cm. Tout se joue dans la forme de la selle, la largeur à l’entrejambe et le poids de la machine.

Nous allons voir pourquoi, pour un motard d’1m70, la hauteur de selle « idéale » se situe souvent entre 78 et 82 cm en théorie, mais pourquoi ce repère reste secondaire face à un critère bien plus important : l’arcature d’entrejambe, c’est-à-dire la combinaison hauteur + largeur de l’assise. Avec ces notions en tête, il devient beaucoup plus simple de choisir une moto avec laquelle vous vous sentirez en confiance, à l’arrêt comme à très basse vitesse.

Hauteur de selle pour 1m70 : bien poser les bases

Illustration

On lit souvent qu’avec 1m70, il faut viser une hauteur de selle comprise dans une certaine plage. C’est vrai sur le principe : une zone de confort théorique se situe globalement entre 780 et 820 mm. Mais s’arrêter à ce simple chiffre, c’est passer à côté de l’essentiel.

Deux motards de même taille n’auront pas les mêmes sensations sur la même moto. L’un aura de longues jambes et un buste court, l’autre l’inverse. L’un sera à l’aise sur la pointe des pieds, l’autre voudra absolument avoir les pieds bien à plat. Plutôt que de courir après le centimètre parfait, il vaut mieux chercher un ensemble cohérent : posture, appuis au sol et poids global de la machine.

Pourquoi le chiffre brut ne suffit jamais

Si l’on se contente de la valeur indiquée sur la fiche technique, on s’expose à des déceptions. Une moto affichée à 79 cm peut se révéler intimidante, alors qu’un modèle annoncé à 81 cm mettra immédiatement en confiance.

Ce paradoxe vient du fait que la hauteur de selle pure n’intègre pas la largeur de l’assise, ni la forme du réservoir qui écarte plus ou moins les jambes. Or, ce sont justement ces éléments qui déterminent la facilité avec laquelle vous allez trouver le sol au feu rouge ou lors d’une manœuvre sur un parking.

L’arcature d’entrejambe : la mesure qui change tout

L’arcature d’entrejambe, c’est la rencontre entre la hauteur de selle et sa largeur. Plus la selle est fine là où passent les cuisses, plus vos jambes descendent naturellement, sans être poussées vers l’extérieur. Résultat : vous gagnez plusieurs précieux centimètres d’appui, sans avoir réellement changé la hauteur.

Concrètement, il n’est pas rare de se sentir plus à l’aise sur une sportive ou un roadster relativement haut mais très étroit, que sur un custom affichant quelques millimètres de moins mais doté d’une selle large comme un canapé. Une GSXR autour de 830 mm peut ainsi paraître plus accessible au sol qu’un roadster ou un custom annoncé à 790 mm mais très évasé à l’entrejambe.

La forme du réservoir et de la selle agit comme un écarteur de jambes : plus c’est large, plus vos pieds se retrouvent « raccourcis » par la géométrie. À l’inverse, une selle étroite vous permet de descendre les jambes presque à la verticale, et de mieux exploiter votre longueur de jambes réelle.

Le poids : l’autre grand paramètre de la sérénité à l’arrêt

On parle beaucoup de hauteur, mais le ressenti à l’arrêt est tout autant lié au gabarit global de la moto. Une machine basse mais lourde peut se transformer en véritable enclume dès qu’il faut la déplacer en manœuvre lente, la pousser ou la retenir sur un léger dévers.

Le couple poids / hauteur de selle est plus important que la hauteur seule. Une moto légère que vous tenez sur la pointe des pieds peut rester parfaitement rassurante, car le moindre déséquilibre se rattrape facilement. À l’inverse, sur une machine de plus de 230 ou 250 kg, il suffit parfois d’un faux pas, d’un gravier ou d’un léger penchant pour que la moto vous échappe.

Pour un gabarit autour d’1m70, il est donc judicieux de regarder à la fois la masse à vide, la répartition des masses (où se situe le centre de gravité) et la sensation au moment de redresser la moto du béquillage. Ce sont ces éléments qui diront si la moto est réellement gérable pour vous, bien plus que deux ou trois centimètres d’écart de hauteur de selle.

Gabarit moyen et types de motos : ce que ça change vraiment

Une fois ces bases posées, il est intéressant de regarder comment les différentes familles de motos se comportent pour un pilote d’environ 1m70. Car toutes ne jouent pas dans la même cour, malgré des chiffres parfois proches sur le papier.

Certains types de motos seront naturellement plus accueillants, d’autres demanderont un peu plus de technique ou quelques adaptations simples. L’idée n’est pas de vous interdire une catégorie, mais de bien comprendre à quoi vous attendre et de choisir en connaissance de cause.

Roadsters et customs : les plus accessibles pour débuter

Pour beaucoup de motards mesurant 1m70, on commence facilement par un roadster ou un custom, et ce n’est pas un hasard. Ces motos proposent la plupart du temps des selles relativement basses et surtout un centre de gravité très contenu.

Un roadster comme une Suzuki SV650 autour de 785 mm, ou une Honda CB500F / Hornet aux alentours de 785–790 mm, offre en général un bon compromis : assise raisonnablement basse, selle assez fine, guidon large qui aide à maîtriser la machine à basse vitesse.

Du côté des customs et néo-rétros, une Royal Enfield Meteor 350, par exemple, descend aux environs de 765 mm. Ce type de machine, avec un centre de gravité planté très bas, donne l’agréable sensation de « tomber dans la selle » et de pouvoir la maintenir facilement en équilibre au pas.

Même une machine un peu plus haute comme une Triumph Trident 660, annoncée autour de 805 mm, peut rester très accessible grâce à sa finesse à l’entrejambe et à la compacité de son châssis. Sur ce genre de moto, la valeur brute se fait vite oublier dès qu’on s’assoit dessus.

Trails et sportives : des hauteurs qui impressionnent… sur le papier

Les trails et les sportives affichent souvent des hauteurs de selle qui font peur à la lecture : 830, 840 voire plus de 850 mm pour certains maxi-trails. Pourtant, cela ne signifie pas que ces motos soient d’office inaccessibles pour un motard d’1m70.

D’abord, les suspensions longues courses d’un trail s’écrasent nettement sous le poids du pilote. La selle descend alors de plusieurs centimètres par rapport à la valeur annoncée. Ensuite, le dessin du réservoir et de la selle est généralement plus étroit à l’entrejambe que sur un custom. Cela compense une bonne partie de la hauteur.

Une machine comme un petit trail routier ou un roadster typé sport, annoncée à plus de 820 ou 830 mm, peut donc se révéler étonnamment gérable une fois assis. De la même façon, certaines sportives, fines et avec une selle compacte, permettent de poser l’avant des pieds plus facilement qu’une moto moins haute mais plus large.

Hauteur identique, sensations différentes : un rapide comparatif

Pour visualiser à quel point le type de moto influence la sensation d’accessibilité pour un pilote de 1m70, on peut comparer les grandes familles :

Type de motoHauteur typiqueRessenti pour 1m70Points déterminants
Custom / cruiser700 – 780 mmTrès facile au solCentre de gravité bas, mais selle parfois large.
Roadster polyvalent780 – 810 mmConfortable pour la majoritéSelle plutôt fine, position naturelle.
Trail routier810 – 850 mmSouvent pointe des piedsSelle étroite, suspensions qui s’affaissent.
Sportive / supersport820 – 845 mmPlus technique à gérerAssise fine, poids sur l’avant.

On le voit : la notion de « bonne hauteur de selle pour 1m70 » reste très relative. Ce qui compte, c’est la façon dont la moto est dessinée, où elle porte son poids, et comment vous vous sentez dessus une fois les pieds au sol.

La moto vous semble trop haute ? Comment l’adapter à votre gabarit

Il arrive souvent qu’en concession, la moto qui vous fait rêver paraisse un peu trop haute à première vue. Ce n’est pas forcément une raison pour l’écarter. Dans bien des cas, quelques ajustements suffisent pour transformer une moto intimidante en machine parfaitement gérable pour un gabarit moyen.

L’idée n’est pas de tout modifier à l’excès, mais d’exploiter intelligemment les marges de réglage prévues par les constructeurs et quelques accessoires simples.

Agir sur la moto : selle, suspensions et rabaissement

Plusieurs leviers existent pour gagner quelques centimètres précieux sans dénaturer complètement le comportement de la machine.

  • Opter pour une selle plus basse : beaucoup de modèles disposent d’une selle « low » en option ou en accessoire. On gagne souvent 2 à 3 cm, simplement en modifiant l’épaisseur de mousse. C’est généralement la solution la plus neutre pour la tenue de route.
  • Installer un kit de rabaissement : en changeant les biellettes ou certaines pièces de suspension, on peut abaisser l’arrière de la moto de 3 à 5 cm. C’est efficace, mais cela modifie la géométrie du châssis (angle de chasse, assiette). Mieux vaut faire monter ce type de kit par un professionnel qui vérifiera que l’ensemble reste sain.
  • Ajuster la précharge des suspensions : en diminuant la précharge, la moto s’affaisse davantage sous votre poids. C’est une manière de grappiller un peu d’accessibilité, à condition de rester dans la plage de réglage prévue par le constructeur pour ne pas pénaliser l’équilibre et le confort.

Dans tous les cas, dès qu’on touche à la hauteur de la machine, on change légèrement son comportement. D’où l’intérêt de faire contrôler le travail et, si possible, d’essayer la moto après modification dans des conditions proches de votre usage réel.

Gagner quelques millimètres grâce à l’équipement

On y pense moins, mais votre équipement peut aussi vous aider. Des bottes de moto dotées de semelles un peu plus épaisses permettent de gagner un petit supplément de hauteur au niveau du talon et de l’avant du pied.

De nombreuses bottes touring ou urbaines proposent aujourd’hui ce type de semelle, sans ressembler à des chaussures compensées. C’est une solution simple, qui n’affecte pas la géométrie de la moto et peut suffire à vous faire passer du bout des orteils à l’avant des pieds fermement posé au sol.

Quelques exemples de motos bien adaptées à 1m70

Pour donner des repères, voici des modèles souvent jugés accessibles par des motards d’environ 1m70, sans modification lourde :

  • Honda CB500F / Hornet : hauteur de selle aux alentours de 785–790 mm, gabarit compact, excellente école.
  • Kawasaki Z650 : environ 790 mm, silhouette fine, prise en mains facile pour un gabarit moyen.
  • Suzuki SV650 : vers 785 mm, selle relativement basse et étroite, moteur en V qui garde le centre de gravité assez bas.
  • Royal Enfield Meteor 350 : environ 765 mm, l’une des selles les plus basses, très rassurante pour se lancer ou rouler au quotidien.
  • Yamaha MT-07 : autour de 805 mm, mais une selle fine qui rend l’ensemble largement abordable pour beaucoup de motards d’1m70.

En parallèle, certains trails routiers modernes, même affichés plus hauts, réservent de bonnes surprises grâce à leurs selles étroites et à leurs suspensions souples. Là encore, un essai concret permet de se faire une idée bien plus fiable que la lecture d’un simple chiffre.

Technique de pilotage : compenser une selle un peu haute

Au-delà des aspects matériels, la manière dont vous gérez la moto à l’arrêt joue un rôle énorme. Avec quelques habitudes bien ancrées, on peut tout à fait rouler sereinement sur une machine un peu haute pour son gabarit, sans se mettre en difficulté.

L’objectif n’est pas d’accepter n’importe quelle hauteur, mais de comprendre qu’une bonne technique de base peut faire la différence entre une moto que l’on subit et une moto que l’on maîtrise, même si l’on ne pose pas les deux pieds parfaitement à plat.

Poser un seul pied au sol : une vraie méthode, pas un bricolage

On imagine souvent qu’il faut impérativement toucher le sol des deux côtés. En pratique, beaucoup de pilotes expérimentés privilégient une autre approche : s’appuyer franchement sur un seul pied bien ancré, plutôt que deux appuis précaires.

La technique est simple : au moment de l’arrêt, on décale légèrement le bassin sur la selle vers le côté où l’on posera le pied. Ce pied se retrouve alors solidement planté au sol, genou fléchi, tandis que l’autre reste sur le repose-pied, prêt à repartir.

Cette façon de faire est courante en tout-terrain ou sur des machines hautes, et elle fonctionne tout aussi bien au quotidien. Une fois qu’on l’a intégrée, la question de savoir si la selle fait 805 ou 815 mm devient moins cruciale que la qualité de cet appui unique.

Anticiper ses arrêts : lire le terrain avant de poser le pied

Ce qui met en difficulté, ce n’est pas seulement la hauteur de la selle, c’est surtout la surprise. Arriver sur un dévers non anticipé, poser le pied du mauvais côté ou s’arrêter sur des graviers peut suffire à faire pencher la moto plus que prévu.

Prendre l’habitude de regarder le sol quelques mètres avant de s’arrêter change beaucoup de choses : on choisit l’endroit où l’on va poser le pied, on évite les zones glissantes, on anticipe les pentes. On privilégie le côté « haut » de la route pour garder plus de marge sous la botte.

Avec cette approche, vous gardez l’initiative. Vous ne subissez plus le terrain, vous le lisez et vous vous placez intelligemment. La hauteur de selle reste la même, mais votre marge de sécurité augmente nettement.

L’essai en concession : le seul test qui compte vraiment

On peut passer des heures à comparer les chiffres, mais tant qu’on ne s’est pas assis sur la moto, tout reste théorique. Rien ne remplace le moment où vous grimpez en selle, redressez la machine et testez vos appuis au sol.

Lors de cet essai statique, prenez le temps de :

  • Sentir comment la moto se redresse et si le poids vous semble gérable.
  • Tester la position avec les deux pieds, puis avec un seul pied bien ancré.
  • Imaginer une manœuvre de parking : est-ce que vous vous sentez maître de la situation, ou sur le fil ?

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à demander au concessionnaire s’il existe une selle basse, une position de selle plus favorable ou un réglage de suspension adapté à votre gabarit. C’est aussi son rôle de vous orienter vers un ensemble cohérent.

FAQ : hauteur de selle et motard d’1m70

Quelle plage de hauteur de selle viser quand on mesure entre 1m70 et 1m72 ?

Pour un gabarit autour d’1m70–1m72, on se situe en général à l’aise entre 780 et 820 mm de hauteur de selle. De nombreux roadsters polyvalents se trouvent dans cette fourchette, comme la Honda CB500F ou la Suzuki SV650.

Cependant, cette plage reste indicative. Une selle très fine, même annoncée à 830 mm, pourra être plus facile à vivre qu’une large selle de custom à 780 mm qui écarte fortement les jambes. L’essentiel est d’évaluer l’ensemble hauteur + largeur et non le chiffre isolé.

Comment trouver la bonne hauteur de selle autrement qu’avec un mètre ruban ?

La clef, c’est de tenir compte de l’arcature d’entrejambe, c’est-à-dire l’espace réellement disponible pour vos cuisses entre la selle et le réservoir. Plus cette zone est compacte, plus vous descendez bas sans effort.

Pour juger si une moto vous convient, il faut monter dessus, redresser la machine et vérifier vos appuis. Idéalement, vous devez pouvoir poser les pieds à plat ou au moins l’avant des deux pieds avec une bonne stabilité. Si vous ne touchez qu’avec la pointe d’un seul pied, sans marge, la moto risque d’être fatigante et stressante au quotidien.

Un trail est-il envisageable quand on fait 1m70 ?

Oui, un trail reste tout à fait possible à partir d’1m70, à condition de choisir un modèle adapté et de prendre le temps de l’essayer. Même si les fiches techniques annoncent parfois des hauteurs supérieures à 840 mm, les suspensions à grand débattement s’affaissent nettement une fois en selle.

De plus, de nombreux trails modernes ont des selles assez étroites à l’entrejambe. On s’y retrouve souvent mieux que prévu. Avant de barrer cette catégorie de votre liste, allez faire un tour en concession : vous pourriez être agréablement surpris par la facilité de certains modèles.

Quels sont les risques à rouler avec une selle trop haute pour son gabarit ?

Le principal danger ne vient pas tant de la conduite roulante que de tout ce qui se passe en dessous de 10 km/h : arrêts, demi-tours serrés, stationnement, circulation à la corde dans un embouteillage.

Avec une selle vraiment trop haute, vous vivez dans une forme de tension permanente à chaque fois qu’il faut poser le pied. Le moindre dévers, un sol glissant ou un petit trou peuvent suffire à vous déséquilibrer. Quand les appuis sont trop limités, il devient très compliqué de retenir la moto en cas de bascule, surtout si elle est lourde. C’est là qu’apparaissent ces chutes « bêtes » à l’arrêt ou en manœuvre.

Comment savoir si une moto est objectivement trop haute pour moi ?

Plusieurs signaux doivent vous alerter. Si vous appréhendez chaque arrêt au feu rouge, si vous cherchez systématiquement un trottoir ou un endroit « plus haut » pour poser le pied, c’est que la hauteur et/ou la largeur de la selle ne vous conviennent pas.

Autre indicateur : la difficulté à reculer la moto en restant assis dessus sur un sol plat. Si vous êtes obligé de descendre pour la manœuvrer à la main à chaque fois, alors que le terrain est normal, c’est le signe que l’ensemble hauteur + poids + largeur ne correspond pas à votre morphologie. Dans ce cas, mieux vaut réfléchir à une moto plus accessible ou à des adaptations bien pensées pour retrouver de la sérénité.

En résumé, pour un motard d’1m70, la bonne moto n’est pas forcément la plus basse sur le papier. C’est celle sur laquelle vous vous sentez stable, maître de vos appuis et à l’aise dans toutes les petites manœuvres du quotidien. Le chiffre compte, mais le ressenti reste la boussole principale.

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